Les Ambassadeurs de la Mémoire au Chambon-sur-Lignon, 27 janvier 2017-Destins croisés : D. Rivière et M-L Zimberlin

Voici le texte que nous avons écrit à l’appui d’archives1, mis en scène et présenté au lieu de mémoire du Chambon-sur-Lignon le 27 janvier 2017. Il retrace  l’histoire de Marie-Louise Zimberlin et celle de Dora Rivière.

Nous vous souhaitons bonne lecture !

Les ambassadeurs de la mémoire, janvier 2017.

Chapitre I : Introduction 

Allocution d’Adrien Rastello

 Mesdames, messieurs.

En avril 2015 notre lycée situé à Cluny en Saône et Loire a commémoré la libération des camps et celle de Marie-Louise Zimberlin, professeure de français arrêtée en plein cours le 15 février 1944.

À la suite de cette commémoration, nous avons souhaité poursuivre un travail sur le devoir de Mémoire et sur le devoir d’Histoire. Ce projet interdisciplinaire – le projet Matricule 35 494 – a rassemblé 39 lycéens accompagnés d’une équipe pédagogique et éducative. Depuis octobre, nous nous étions préparés pour notre voyage à Auschwitz en travaillant sur l’histoire de la Shoah et de la déportation.

Début mars 2016, en partenariat avec la ville de Cluny, nous avons également organisé une semaine de la mémoire et de l’histoire en accueillant différents intervenants, historiens, anciens déportés et artistes.

En juillet 2016, nous apprenions que nous étions retenus dans le dispositif « les ambassadeurs de la Mémoire » et notre partenariat avec le lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon se concrétisait pour préparer la présente commémoration.

Mais, comment alors relier notre établissement au Plateau ? C’est par le plus pur des hasards que nous avons découvert le lien qui nous unissait : Dora Rivière, résistante déportée à Ravensbrück.

Dora Rivière originaire du Chambon et Marie-Louise Zimberlin née à Saint-Just-en-Chevalet, toutes deux de confession protestante, toutes deux résistantes, toutes deux déportées à Ravensbrück, en effet se connaissaient.

C’est le destin croisé de ces deux femmes d’exception que nous avons choisi aujourd’hui de mettre à l’honneur, ici sur le Plateau, la terre des Justes.

Chapitre II : Prologue

Bonjour à tous présents ici, vous êtes là pour entendre un récit. Il vous sera conté par les deux femmes derrière moi. Beaucoup connaissent sans doute celle-ci, peu nombreux sont ceux qui connaissent celle-là. A ma droite, Rivière Dora. Elle est amorphe et prostrée, pour elle la pièce n’a pas commencé. Elle a eu son rôle à jouer, qu’à présent elle peut conter. Nous lui en confions un nouveau, de la mémoire elle porte le drapeau. Ainsi revient à la vie son récit, ici, parmi nous surgissant d’entre les morts. Les mots sont la passerelle de la Mémoire, la Mémoire intemporelle.

Nathan Schneider présentant son prologue

Le cadre : le camp de Ravensbrück où ces deux femmes se côtoyaient, où elles ont partagé leur histoire et leurs regrets. Peut-être ont-elles eu, qui peut le dire, semblable dialogue. Je suis là pour vous l’introduire, c’est moi le prologue. Vous ne connaissez pas son interlocutrice, Marie-Louise Zimberlin, incarnée par cette actrice. Deux femmes qui ont lutté, deux flammes dans l’obscurité. Le temps d’une pièce seront ressuscitées deux conteuses qui ne doivent pas être oubliées, dont ce soir l’histoire sera rappelée. Je leur laisse le soin de se présenter, c’est le rôle qu’elles ont à jouer. Bonjour à tous présents ici, laissons place au récit.

Dora Rivière et Marie-Louise Zimberlin interprétées par Rivka Benzazon et Marie Jaquemin

 Chapitre III: Dora Rivière par Rivka Benzazon

Ma famille vient d’un petit village perché dans la montagne : Le Chambon-sur-Lignon, mais, c’est à Saint-Etienne que je suis née, le 13 avril 1895 ; c’est là que j’ai fréquenté l’école et suivi l’enseignement religieux auprès du pasteur Comte qui aura beaucoup d’influence sur ma vie.

Ma vie …J’avais une belle vie … Et puis un jour la grande guerre a commencé. Mes deux frères ont été mobilisés. Et un seul est rentré. Ça m’a profondément bouleversée. J’ai décidé de faire quelque chose car je ne pouvais pas laisser les gens mourir et me contenter de regarder. Je me devais d’aider, d’agir pour ceux qui en ont besoin ; c’est ainsi qu’on m’a éduquée !

Comme vous le savez, je suis donc partie pour Lyon étudier la médecine. Et vous savez quoi ? J’ai réussi ! J’étais même une des premières femmes médecins à l’époque ! Quelque temps après j’ai appris qu’il y avait le typhus en Pologne. J’ai alors pris mes valises et avec quelques amis médecins nous sommes partis leur apporter notre aide. Puis je suis rentrée et je me suis engagée dans des associations, L’œuvre protestante des Enfants à la Montagne, l’Aide aux mères, la Croix Rouge aussi. Ah ! J’ai même trouvé le temps de me marier et d’élever deux enfants, Hélène et Jacques : Oh Marie-Louise, ils me manquent tellement …

Vingt ans plus tard, on remet ça mais là, je me suis engagée dans la vraie bataille ! Au sein du mouvement « Combat », je suis devenue « Monsieur Lignon », mon nom de code. Et j’ai essayé du mieux que j’ai pu de protéger ceux qui en avaient besoin et notamment des familles juives. Je les plaçais au Chambon ou aux alentours : là haut ils appellent ça le Plateau ; mais vous le savez déjà. De toute façon, on ne pouvait pas rester sans rien faire ! Je me souviens des enfants Lewin, que j’ai cachés quatre semaines dans notre maison au Chambon. Pauvres gosses… leurs parents étaient partis à Auschwitz. Dieu sait s’ils reviendront !

J’ai réussi également à en faire passer en Suisse ou ailleurs en les cachant dans les fourgons appartenant à notre entreprise familiale, « les transports Rivière ». Mais un jour d’octobre 43 la Gestapo est venue m’arrêter chez moi avec sept de mes camarades ; on m’avait dénoncée. Mon frère Henri a eu plus de chance que nous et il n’est pas tombé entre leurs mains. Moi, on m’a d’abord emmenée à Montluc ; et puis j’ai quitté mon palais pour un autre : Compiègne. En janvier 44, ils m’ont ensuite mise dans un carrosse pour un palais encore plus grand que les deux autres réunis : celui que nous partageons aujourd’hui.

Chapitre IV : Marie-Louise Zimberlin par Marie Jaquemin

Dora, vous le savez, je suis née dans la Loire en 1889, dans une famille protestante, tout comme la vôtre. Mon père était Maréchal des Logis. Il s’est remarié à St Étienne car ma mère est morte quand j’étais toute jeune… mais la famille s’est agrandie et j’ai eu le bonheur de vivre avec mon frère Jean et Sophie, ma tendre sœur Sophie.

Vous vous souvenez, Dora ? On a fréquenté le même lycée à Saint-Etienne. Vous ferez de la médecine et moi je deviendrai professeur de lettres et d’anglais. Pendant que vous étiez en Pologne, moi j’étais en Écosse mais j’ai fini par rentrer et j’ai été nommée à Cluny, au sud de la Bourgogne, une très jolie région.

Je vivais en face du lycée, dans un bel appartement. J’y recevais mes amis, mes élèves… Ah, mes élèves… je les appelle tendrement « mes petits enfants ». N’en ayant pas moi-même, je les chéris, comme si c’était les miens. Je les gâte beaucoup trop d’ailleurs, de pâtisseries, de gâteaux, de confitures… et je les accompagne même aux Éclaireurs de France.

Ah, mes petits gars ! Quelle belle troupe c’était !

Deux mois après l’appel du 18 juin, j’ai commencé à diffuser les informations données par le général De Gaulle, à l’école, et en ville, et puis, tout est allé très vite : j’ai commencé à distribuer mes premiers tracts en novembre : j’y retranscrivais les ordres venant de Londres et j’ai participé ensuite à Cluny à la création des Francs-Tireurs.

Grâce à cela, monsieur et madame Tout-le-monde pouvaient lire une presse non censurée… Et non pas un des ces torchons, vendus en kiosque et estampillés « collabo », qui sont honteusement appelés « journal » ! Ainsi, monsieur et madame Tout-le-monde pouvaient se faire un avis objectif sur la triste situation.

En 42, il a fallu aussi s’occuper des parachutages et j’ai donc constitué un groupe.

J’ai fait également mon maximum pour éviter le STO à mes élèves les plus âgés… sans réussir complètement puisque trois de mes petits sont tout de même partis  pour l’Allemagne… Plus tard, j’ai aussi reçu chez moi des responsables de mouvements régionaux ainsi que des aviateurs, parachutés par Londres.

Et puis, un jour de février 44, les Allemands encerclent Cluny. Très tôt le matin, ils perquisitionnent les maisons ; plus de 200 personnes sont arrêtées. Si les résistants ont le temps de s’échapper, ce n’est pas le cas de leurs femmes et c’est elles que parfois on emmène.

Comme j’ai tremblé pour moi ! Il était encore temps ! Ma valise était prête. Je pouvais m’échapper… mais…. Mais qu’est-ce qui serait arrivé à mes élèves, mes chers élèves, et à mes collègues ?

Non, j’ai assumé et je suis restée. Je suis restée et j’ai assumé mes actes, tous mes actes.

Lorsque les Allemands m’ont arrêtée, j’étais en plein cours avec mes élèves. Je suis partie la tête haute, consciente que je laissais là ma famille, mes élèves, ma vie.

Et c’est là que mon calvaire a commencé. On m’a emmenée à la prison de Montluc à Lyon, j’y suis restée douze jours -enfermée- mais sans subir les terribles interrogatoires de Barbie.

Prisonnière, il fallait pourtant continuer à vivre et se rendre utile aux Autres. Je me suis prise ainsi d’amitié avec une jeune Grenobloise à laquelle j’ai donné quelques cours d’anglais. Depuis, je l’ai perdue de vue, qui sait ce qu’elle est devenue…

J’avais peur. On avait tous peur.

Après Montluc, on m’a emmenée à Romainville, l’antichambre des camps. C’était un havre de paix mais nous ne le savions pas. Comment imaginer alors les horreurs qu’on allait nous infliger par la suite ? Il me tardait d’avoir des nouvelles de mes élèves, de mes amis. La vie était rude mais supportable. À cette époque-là, on pouvait encore espérer…

Le 18 avril, j’ai quitté Romainville, par le convoi 339. Direction Ravensbrück.

Chapitre V : La déportation à Ravensbrück, poème de Catherine Roux.

Lecture, Cloé Fougerard

Mon Dieu, Mon Dieu,
Je n’ai plus de vêtements sur moi,
Je n’ai plus de chaussures,
Je n’ai plus de sac, de portefeuille, de stylo,
Je n’ai plus de nom. On m’a étiquetée 35494 / 22120
Je n’ai plus de cheveux,
Je n’ai plus de mouchoir,
Je n’ai plus de photos de mes élèves
Je n’ai plus l’anthologie où, chaque jour, dans ma cellule de Montluc, j’apprenais ma poésie
Je n’ai plus rien. Mon crâne, mon corps, mes mains sont nus.
Boche ! Dénude, Fouille, Pille, Rase, Animalise ma silhouette,
Arme mes mains de pelles et de pioches ;
Fais de moi une bûcheronne, une terrassière, une videuse d’excréments, une déblayeuse de neige, une forçate des marais.
Sculpte mon visage, mes rides, mon corps pour que je ressemble à des milliers et des milliers de prisonnières.
Donne à mes yeux cette fixité effrayante que je retrouve, horrifiée, dans les yeux de mes compagnes.
Assourdis mes oreilles par tes hurlements.
Manie le gourdin
Donne des coups de bottes.
Assassine, emplis jour et nuit avec nos pauvres corps d’affamées tes krématoriums
Mets devant nos yeux le spectacle inhumain de celles qui meurent comme des bêtes, là dans un coin !
Sans t’arrêter jamais, matraque, blesse, pends, fusille !
Boche, depuis l’enfance, mon Pays, qui est la France, m’a vêtue de la laine de ses moutons, du lin de ses champs, de la soie de ses insectes.
A mon oreille, il a accordé la musique des mers et le souffle du vent, douce ou tumultueuse. Il m’a conduite à la cime de ses montagnes et dans la pureté des neiges éternelles.
J’ai cru retrouver l’âme lointaine que j’eus au commencement de la terre.
Il a fait de moi une fille marchant dans le vent, les cheveux et l’esprit libres ; il a buriné mon cerveau, il l’a élevé jusqu’à la grande voix des maîtres.
Il a civilisé mon cœur, éloigné de moi la violence de la brute, éduqué mes instincts, harmonisé ma sensibilité, malaxé mon courage, peuplé ma tête de musiques, de poèmes, de fragments de livres aimés.
Il m’a donné une mère et m’a entourée de doux sourires d’enfants.
Mon Pays, qui est la France, a tendu sur moi la douceur, la tendresse, la sérénité de son ciel.
Il a mis dans mon cœur, ô Boche haï, criminel, ô bête sauvage, encore toute bavante de notre sang, un amour si profond, que là,

Prisonnière,
Désarmée,
Toute nue,
Je me sens riche comme une reine, et que je relève hautement le front.

 

Chapitre VI : Citations concernant les deux femmes Marie-Louise et Dora

 Au sujet de la ZIM

« Nous revoyons avec émotion sa silhouette décidée, avec un immense trousseau de clefs pendant à sa ceinture et que l’on apercevait l’hiver sous un immense manteau de fourrure la couvrant jusqu’aux pieds. »

Au sujet de Dora

Allan Decoudu

 

« C’était un personnage qui ne voulait pas qu’on parle d’elle. Elle avait un moral extraordinaire, un caractère indépendant, c’était une personne très belle, réputée pour sauter le plus haut de sa classe : sportive, intellectuelle, infatigable. »

Au sujet de la ZIM

« Dans la déportation, elle fut aussi excellente camarade qu’elle avait été bon professeur. Partout, elle eut un moral excellent, remontant sans cesse les défaillants. On ne peut que s’incliner devant un tel caractère, une telle grandeur d’âme, un si noble patriotisme. »

Au sujet de Dora

« Grande humaniste, valeureuse résistante, déportée d’exception dont le nom brille encore d’un éclat exceptionnel, Dora Rivière a toujours été pour nous, un exemple irremplaçable. »

Au sujet de la ZIM

«Comme je la vois bien, écrasant de son mépris, toute cette brutalité et cette barbarie, guidée, soutenue par son idéal de grandeur. Elle n’était pas de ceux qui font un cours ; son cours, c’était la vie, c’est-à-dire la marche vers l’esprit. »

Au sujet de Dora

« Notre chère Dora, qui a lutté de toutes ses forces, tout au long de son existence, pour la liberté, pour la dignité de l’Homme, pour que l’on ne revoie plus jamais ça. »

Au sujet des deux femmes

Thomas Loisier

 

« Jusqu’à la fin, elles demeurent les combattantes fidèles à leur idéal de paix et de justice sociale. »

Chapitre VII : Libération du camp de Ravensbrück

5 avril 1945. La chambre à gaz fonctionne à plein régime alors que la Croix Rouge suédoise a négocié la libération de 300 déportées françaises. Néanmoins, toutes celles qui ont des marques de sévices, qui ont été tondues ou qui portent des noms à particule restent. Marie Louise, si fatiguée, si malade, n’aurait pas dû être du voyage mais c’est notre compatriote – le médecin Louise Le Porz – qui l’aide à se faufiler dans les rangs. Sauvée, elle est sauvée.

Et nous, comment avons-nous été choisies ? Nous n’en savons rien mais nous partons vers la Suisse, laissant derrière nous tant de camarades qui ne reverront jamais la France. Kreuzlingen, Genève, Berne, Annemasse. Enfin, nous sommes LIBRES !

Chapitre VIII : Courrier écrit par M-L Zimberlin dans le train qui la ramène en France 

 Ma chère maman, Mimi chérie, mon grand frère, ma petite Babeth, mes si bons amis,

Je crois rêver. Sur 14 mois de séjour en Allemagne, j’en ai passé 8 à l’hôpital ! Phlegmons de la gorge, scarlatine et enfin pneumonie double. Pour le moment, c’est le cœur qui lâche… J’ai vieilli de 20 ans, mais je suis là et le printemps en Suisse nous rit de toutes ses fleurs.

Nous avons voyagé en camions jusqu’à la frontière. Je vous écris du train qui nous a conduits à Genève, et puis, c’est la France !

Je n’ai jamais reçu une lettre, ni un paquet ! Jamais depuis la grande valise bourrée de lainages qu’ils ont volés, comme tout le reste, ni ma montre, ni mon stylo.

Comme je serai émue en recevant vos premières lettres ! Se sont-ils introduits chez moi, ont-ils tout pillé, tout saccagé ?

Cela au fond, compte si peu et c’est la première fois que mes pensées prennent cette direction…

On ne nous laissait ni une lettre, ni une photo, Nous avons vécu d’une bouchée de rutabaga et d’une maigre tranche de pain infect.

C’est l’heure de rendre la carte et ce sera meilleur encore de bavarder.

Le docteur me dit que le repos et la bonne nourriture auront vite fait de me remettre.

Je vous embrasse de tout mon cœur,

Marie-Louise Zimberlin

Chapitre IX : Disparition de M-L Zimberlin

Malgré tout l’espoir et la volonté de vivre qui transparaissent dans cette ultime leçon de courage que nous donne Marie-Louise Zimberlin, elle meurt quelques heures après l’écriture de cette lettre à l’hôpital d’Annemasse, épuisée par quatorze mois de déportation. Dora l’accompagnera jusqu’à la fin. Elle décède néanmoins sur le sol français, son pays pour qui elle s’est battue, pour qui elle a fait don de sa liberté, de sa vie.

Marie Lévêque

Chapitre X : Dora, après la guerre -poème de M. Lévêque

La femme médecin celle qui panse et guérit
Celle qui accompagnera jusqu’à la fin
Et veillera le dernier souffle de vie
De sa camarade Marie-Louise Zimberlin. 

Revenue des camps de la mort
Elle a décidé pour elle d’un tout autre sort
Que celui auquel ses bourreaux l’avait destinée
Elle qui fut jusqu’au bout une femme engagée. 

Quelques mois de rétablissement lui ont suffi
Pour qu’elle s’envole vers une nouvelle vie
Madame Roosevelt et le Général de Gaulle
Ne lui feront jamais oublier son rôle. 

Elle récoltera au cours de ses voyages
Des fonds pour la jeunesse française
Et gardera des liens sacrés d’amitié
En tant que représentante des femmes Françaises. 

Avec d’autres féministes autrefois côtoyées
Qui dans son combat furent de précieuses alliées
Sa ville Saint-Etienne pour qui elle fut adjointe au maire
La récompense d’une médaille et d’autres distinctions.

Mais elle aura brillé aux yeux de l’univers
Pour avoir été de ceux qui ont préféré l’action
Et non la soumission face à la barbarie
Malheureusement, ils en ont payé le prix.

 1/ Hormis le poème de Catherine Roux et la dernière lettre de Marie-Louise Zimberlin.

Marie Jaquemin

2 réflexions au sujet de « Les Ambassadeurs de la Mémoire au Chambon-sur-Lignon, 27 janvier 2017-Destins croisés : D. Rivière et M-L Zimberlin »

  1. Bonjour,
    Nous venons de découvrir votre engagement magnifique pour faire vivre la mémoire de la déportation. C’est Madame Perrine Barriol-Rivière, petite-nièce de Dora Rivière qui nous a signalé votre blog. Nous l’avons rencontrée le 17 juin 2017, au Lieu de Mémoire du Chambon-sur-Lignon, où nous avons été conviés à venir parler de notre livre « Retour à la vie : l’accueil en Suisse romande d’anciennes déportées françaises de la Résistance, 1945-1947 » (Alphil, 2013) et à présenter le documentaire qui en est issu « Le retour à la vie : les déportées de Ravensbrück » réalisé par Sylvie Cozzolino (France 3 – Rhône-Alpes, Les films du hasard, 2016).
    Il se trouve que vos deux héroïnes, Marie-Louise Zimberlin et Dora Rivière, ont donc fait partie des 300 femmes libérées de Ravensbrück par le Comité international de la Croix-Rouge (et non la Croix-Rouge suédoise en l’occurrence), comme une des principales protagonistes de notre livre et du film ci-avant mentionnés. Il s’agit de Noëlla Rouget, née Peaudeau le 25 décembre 1919, à Saumur et résistante à Angers. Elle avait été déportée à Ravensbrück dans le convoi des 27.000, parti de Compiègne le 31 janvier 1944, convoi dans lequel se trouvait aussi Dora Rivière, mais aussi Geneviève de Gaulle (nièce du Général), qui sera par la suite à l’initiative de l’accueil de quelque 500 de ses compagnes, dans 9 maisons de convalescence en Suisse.
    Sous ce lien, vous trouverez le récit que Noëlla a fait de ce retour (publié dans la revue Passé-simple, n° 6, juin 2015 et repris sur le site Notre histoire.CH) http://www.notrehistoire.ch/medias/3231
    Dans notre livre ce retour est aussi évoqué, en particulier le passage à Annemasse, au travers de la lettre d’un Annemassien anonyme (adressée à sa soeur) qui a assisté à l’arrivée du train de rapatriement, le 11 avril 1945 à 1 h 45 du matin. C’est un récit poignant et dans un post-scriptum, il écrit ceci : « Aujourd’hui 16, aura lieu à Annemasse la sépulture de l’une de ces rapatriées morte à l’hôpital. Elle appartenait à l’Ecole Technique de Cluny. Des amis à elle, professeurs dans cette école, et ses parents, étaient venus à sa rencontre, ils seront arrivés pour recueillir son dernier souffle. La malheureuse, d’une maigreur extrême, était complètement ruinée dans tous ses organes. Elle portait sur la lèvre supérieure déchirée, la marque du dernier coup de cravache reçu peu avant son départ de Ravensbrück. » Voilà une trace, que vous ne connaissez peut-être pas, de Marie-Louise Zimberlin et que nous partageons avec émotion avec vous.
    En vous félicitant encore une fois pour votre travail, nous vous adressons nos plus cordiales salutations
    Eric & Brigitte
    P.S. Pour en savoir plus sur notre livre : http://www.alphil.com/index.php/catalogue/retour-a-la-vie.html

  2. Merci beaucoup de nous avoir permis de lire ce beau texte, très émouvant et sobre, qui nous fait découvrir ce que les spectateurs du Chambon sur Lignon ont eu le privilège d’entendre et de voir fin janvier . Merci aussi pour les images qui nous permettent de mettre un visage sur tous ceux et celles qui ont participé à cet hommage.

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