Archives pour la catégorie Réflexions

La jeunesse sacrifiée du « National-socialisme » – Cédric Douard

Tous les régimes totalitaires du vingtième siècle -de l’Italie à l’Union Soviétique en passant par l’Allemagne- comprennent très tôt l’importance de contrôler la jeunesse ; un slogan de la propagande du troisième Reich dira même : « L’avenir appartient à celui qui contrôle la jeunesse ». C’est ainsi que fleurit partout en Europe pendant la période de l’Entre-deux- guerres, des organismes ayant pour but d’encadrer et de fanatiser la jeunesse afin d’en faire des bons et de dociles soldats…

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Jeune de la Hitlherjugend

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Les indésirables : the Displaced Persons – C. Clergue

« La liberté, l’improbable, l’impossible liberté, si éloignée d’Auschwitz que nous ne la voyions qu’en rêve, était arrivée : mais elle ne nous avait pas menés à la Terre Promise. Elle était autour de nous, mais sous la forme d’une plaine inexorable et déserte. De nouvelles épreuves nous attendaient, de nouvelles peines, de nouvelles faims, de nouveaux froids, de nouvelles peurs. » Primo Levi, la Trève. Continuer la lecture de Les indésirables : the Displaced Persons – C. Clergue 

Les indésirables : Les Noirs – Chantal Clergue

Le premier génocide

En 1870, les Allemands débarquent en Namibie, attirés par les richesses du sous-sol de ce pays riche en cuivre et en diamants. À la tête de la colonie, Heinrich Goering, père d’Hermann Goering, décide alors de parquer les populations et de les réduire au rang d’esclaves. Terres et bétails sont confisqués. Continuer la lecture de Les indésirables : Les Noirs – Chantal Clergue 

Les indésirables : malades mentaux et handicapés – C. Clergue

Fortifier la race, éliminer les faibles font partie du programme d’Adolphe Hitler dès 1933.

Euthanasier les inutiles

Avec la loi du 14 juillet 1933 sur la prévention de la transmission des maladies héréditaires débutent les stérilisations qui concernent les personnes atteintes de :

  • Débilité mentale congénitale
  • Schizophrénie
  • Folie cyclique
  • Épilepsie héréditaire
  • Chorée de Huntington
  • Cécité et surdité héréditaires

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Complicité de meurtres aggravés – Catherine Girbig

De l´importante du procès de Detmold

D´après l´article de Reiner Burger «  Beihilfe zum Massenmord », paru dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung le 14 février 2016

Complicité de meurtres aggravés

A Detmold se tient le procès d´un ancien gardien d´Auschwitz. Pour l´instant, il garde le silence.

Plus Leon Schwarzbaum vieillit, plus la scène le hante : un officier SS passe en moto devant un semi-remorque rempli de gens nus. « Ils crient et pleurent et lèvent les bras vers le ciel, comme s´ils attendaient de l´aide de Dieu. Comme dans l´Enfer de Dante ». Peu après, les cheminées recrachent du feu. Les flammes doublent la hauteur des cheminées. « Avec ce feu, on avait toujours la mort devant les yeux. L´odeur de chair humaine brûlée était insupportable. » Schwarzbaum a perdu ses parents à Auschwitz, ainsi que 33 autres membres de sa famille. Continuer la lecture de Complicité de meurtres aggravés – Catherine Girbig 

L’internement des Tsiganes en France : un traumatisme oublié – C. Clergue

Depuis longtemps, des indésirables

Selon Emmanuel Filhol, historien spécialiste de l’histoire des Tsiganes en France, ceux-ci n’ont pas été l’objet de mépris et de rejet jusqu’au XVIIe siècle. Mais, avec l’instauration par Colbert du « code noir », il faut désormais que les Égyptiens, Sarrasins, Bohémiens, nomades, Roms, Manouches, Gitans et Kalés se sédentarisent sous peine, pour les hommes, de finir aux galères ou, pour les femmes, d’avoir les cheveux rasés. Continuer la lecture de L’internement des Tsiganes en France : un traumatisme oublié – C. Clergue 

Pierre, Rudolf et Heinz : les oubliés de l’Histoire – Chantal Clergue

Florence Tamagne soulignait dans son article sur « La déportation des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale » combien  le destin des « triangles roses » est resté longtemps ignoré du grand public[1]. En effet, d’une part les témoignages des survivants étaient rares, les homosexuels ayant peut-être choisi de préserver la réputation de familles déjà éprouvées. D’autre part, la guerre finie, l’homosexualité est toujours réprouvée puisque le paragraphe 175 reste alors en vigueur en Allemagne. Continuer la lecture de Pierre, Rudolf et Heinz : les oubliés de l’Histoire – Chantal Clergue 

[Portrait] Pierre Seel, itinéraire d’un triangle rose – Chantal Clergue

Avec le traité de Versailles signé le 28 juin 1919, certains territoires de l’Alsace et de la Moselle redeviennent partie intégrante de la Nation française après avoir été annexés en 1871 par l’Empire allemand. L’armistice signé le 22 juin 1940, l’Alsace et la Moselle sont de nouveau rattachées au Reich. L’Alsace est associée au Gau de Bade et la Moselle à la Sarre et au Palatinat. Considérés alors comme des citoyens allemands à part entière, la population se voit interdite de parler français et les fonctionnaires, forcés de signer une déclaration de fidélité. Chacun a obligation de prouver qu’il est « Allemand de souche » pour ne pas tomber sous l’ordonnance nazie du 16 décembre 1941. Dans le cas contraire, les biens des « indésirables » (Juifs, Français de l’intérieur, condamnés de droit commun, Tsiganes, etc.) sont confisqués. Quant aux jeunes hommes, ils sont affiliés aux organisations nazies comme le Front Allemand du Travail, la corporation paysanne, les Jeunesses Hitlériennes ou incorporés à la Wehrmacht, devenant ainsi des « Malgré nous. » Continuer la lecture de [Portrait] Pierre Seel, itinéraire d’un triangle rose – Chantal Clergue 

« Anormaux, nuisibles et superflus » : les triangles roses – Chantal Clergue

Dans l’entre- deux-guerres, comme Paris et Londres, Berlin est une ville libre, détachée de beaucoup de préjugés moraux. On y trouve des lieux de rencontres spécifiques, des bars, des clubs et des dancings fréquentés par les homosexuels.

Hitler, devenu chancelier du Reich le 20 janvier 1933, promulgue le 28 février le décret pour « la protection du peuple et de l’État. » En effet, dans la nuit du 27 au 28 février, le Reichstag est incendié par un jeune sympathisant communiste et homosexuel, manipulé par les nazis, Marinus Van der Lubbe. C’est le prétexte qu’attendait Hitler pour suspendre toutes les libertés civiles et politiques établies par la Constitution. En mars, les premiers camps de concentration sont ouverts et ils fonctionnent rapidement. Puis, le 30 juin 1934, survient « La Nuit des longs couteaux », une opération qui permet à Hitler, Himmler et Göring d’éliminer les SA et leur chef de file, Ernst Röhm, sous couvert de « débauche homosexuelle. » Continuer la lecture de « Anormaux, nuisibles et superflus » : les triangles roses – Chantal Clergue 

[Réfugiés] Auf der anderen Seite • Tobias Hürter – Traduction par Lucie Delpeuch

Traduction d’un article de Tobias Hürter, dans la revue philosophique Hohe Luft suite à l’article [Réflexion] Auf der anderen Seite Walter Benjamin Flüchtlinge – Catherine Girbig

De l’autre côté

Il y a 75 ans, le philosophe Walter Benjamin mourait. Il se suicida alors qu’il fuyait pour échapper aux  nazis. Son destin sonne aujourd’hui comme un rappel qui doit nous inciter à traiter les réfugiés de manière humaine.

À l’automne 1940, – il y a exactement 3/4 de siècle-, Walter Benjamin, l’un des plus  grands intellectuels de son temps, échouait à Portbou, un petit village à la frontière espagnole. Issu d’une famille juive, Benjamin avait émigré à Paris après l’arrivée au pouvoir du national socialisme en 1933. Puis, après le déclenchement de la guerre, il est interné dans un camp de réfugiés. Après sa libération, il fuit en direction de l’Espagne pour aller aux États-Unis. Continuer la lecture de [Réfugiés] Auf der anderen Seite • Tobias Hürter – Traduction par Lucie Delpeuch 

[Réflexion] Auf der anderen Seite Walter Benjamin Flüchtlinge – Catherine Girbig

En février 2013, je me suis rendue avec Andreas à Portbou. Nous voulions aller sur les traces de Walter Benjamin, un écrivain que nous admirons.

Portbou en février. Tempêtes, soleil un peu fou, froid humide, Riviera déserte, immeubles défraîchis, rue ventées, vides, un petit marché un peu vivant, et ce mémorial fabuleux, qui vous prend à la gorge, vous fait perdre l’équilibre, et tomber vers la mer… sur du plexiglas. Le mémorial est de Dani Karavan, artiste israélien que les germanistes de terminale connaissent, car il est l’auteur du mémorial pour les Roms tués par les Nazis, érigé à Berlin il y a peu. Continuer la lecture de [Réflexion] Auf der anderen Seite Walter Benjamin Flüchtlinge – Catherine Girbig