[Portrait] Young Perez – Cloé Fougerard

Young Perez

Victor « Young » Perez, de son vrai nom Victor Younki est né le 18 octobre 1911 à Tunis en Turquie et est décédé le 22 janvier 1945 en Allemagne. Son surnom « Young » viendra d’un surnom qu’il se donne pendant un entraînement.

C’était un boxeur qui combattait dans la catégorie poids mouche puis coqs ; durant sa carrière, il fera, au  niveau professionnel, 136 combats et recevra le titre de champion du monde poids mouches entre 1931 et 1932 puis au niveau amateur il sera nommé champion de France poids mouches durant les mêmes années.

Dès avril 1924, il affirme vouloir devenir boxeur et c’est à l’âge de 13 ans, qu’il commence à ne plus fréquenter les cours que dispense l’Alliance israélite universelle. Il est très vite impressionné par les boxeurs Georges Carpentier, Jack Dempsey et Eugène Criqui mais surtout par Battling Siki, qu’il découvre dans le Miroir des Sports et auquel il s’identifie par moment.

Un soir, il rencontre un avocat nommé Fernand Mossé ; ce dernier avec son père, préside le cercle pugilistique (= ancêtre de la boxe anglaise, joué seulement avec les poings) tunisien et de nombreuses organisations et clubs de sport. Quelques jours plus tard, alors qu’il  n’a que 14 ans, il intègre avec des amis et son frère aîné le club omnisports du Maccabi de Tunis ; à l’époque le club forme de nombreux champions dont des footballeurs de l’Union sportive tunisienne et quelques nageurs. Il est alors entraîné par le directeur de la salle qui rêve de former des futurs champions.

Le premier combat auquel il peut assister oppose un boxeur tunisien et un boxeur algérien ; grâce aux apports financiers de Mossé, il commence à assister à de nombreux combats. Ayant beaucoup progressé, il réalise son premier combat officiel lors d’une soirée pugilistique au Palmarium contre un Tunisien d’âge équivalent ; à cette occasion il demandera à ce que son short soit orné de l’étoile de David. Il remporte son combat. Âgé d’à peine 16 ans, il se produit régulièrement contre d’autres jeunes de son âge. Son nom va alors commencer à apparaître dans les rubriques sportives d’un quotidien.

Son frère part pour Paris et commence à gagner sa vie comme partenaire d’entraînement ; il envoie régulièrement des lettres à Young pour l’inciter à le rejoindre : avant de partir pour le rejoindre, il joue un dernier combat contre un champion tunisien et d’Afrique du nord.

Young arrive en France en 1927, à Paris et il trouve un travail comme vendeur. Il continue de s’entraîner dans une salle de sport où un agent -Léon Bellières- le remarque et devient son entraîneur.

A l’âge de 27 ans, il signe son premier contrat et livre son premier match professionnel contre un italien. Le 2 mars 1929, il assiste à un combat où il voit Emile Pladner devenir champion du monde des poids mouches ; le 3 décembre de cette même année, il crée la « surprise » en battant un espoir de la boxe.

Au début des années 1930, la fédération française de boxe décide d’attribuer le titre de champion de France poids mouches au vainqueur d’un combat qui oppose les meilleurs de la catégorie. Young perd au quatrième round. Néanmoins, le lendemain la presse fait un éloge de ses qualités.

L’année 1931 commence plutôt mal pour le boxeur puisqu’il subit une défaite contre un adversaire qui le met KO ; par ailleurs, un mois plus tard, il prend sa revanche et il commence une nouvelle série de victoires. Le 11 juin, Perez remporte un match qui lui vaut le titre de champion de France ; peu de temps après, il bat le belge Nicolas Petit-Biquet et devient champion d’Europe même si ce titre ne sera jamais homologué.

Le 26 octobre 1931, il rencontre l’Américain Franckie Genaro qui détient le titre de champion du monde : devant 16 000 spectateurs, il est sacré champion du monde.

Après avoir cédé son titre de champion du monde le 31 octobre 1932, il commence une période difficile: il prend du poids et perd des combats. Cependant, il acceptera de jouer à Berlin, juste après la Nuit de Cristal (1938), même si le climat politique du pays est marqué par l’antisémitisme. Malgré la déclaration de guerre de 1939, il choisit de ne pas retourner en Tunisie ; il sera arrêté le 21 septembre 1943 et déporté vers le camp d’Auschwitz.

Au camp, une chance : le directeur du camp étant un passionné de boxe, il connaît très bien Young qui est un de ses favoris. Ce dernier sera donc affecté aux cuisines d’une usine de caoutchouc.

Le 18 janvier 1945, il sortira survivant du camp mais devra participer aux marches de la mort. Le 22, il sera abattu lors d’une rafale de mitrailleuses par un boxeur SS. Affaibli comme tous ses camarades déportés, celui qui avait combattu jusqu’au bout, avait simplement tenté d’aller chercher du pain pour nourrir ses amis rescapés.

Son nom figure sur le monument aux morts en déportation du cimetière du Borgel à Tunis.

Cloé Fougerard

Une réflexion au sujet de « [Portrait] Young Perez – Cloé Fougerard »

  1. Et pour celles et ceux qui voudraient en savoir plus sur Young, il y a ce superbe documentaire à regarder : Victor Young Perez de Jacques Ouaniche, 2013.

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