Sophie Zimberlin, chemin de Lopi à Avignon -villa Alsace-Lorraine – C. Clergue

Nous sommes à la veille de partir au Chambon-sur-Lignon afin de participer à la commémoration qui aura lieu sur le lieu de Mémoire. Là, les dix élèves de La Prat’s présenteront aux Chambonnais, deux portraits, celui de Marie-Louise Zimberlin et celui de Dora Rivière, toutes deux résistantes déportées à Ravensbrück.

Nous pensions -jusqu’à cet automne- avoir tout trouvé comme renseignements sur Marie-Louise Zimberlin. Tout au contraire, nous sommes allés de surprise en surprise. Et comme le dit régulièrement Annie Dufy : « Marie-Louise ne nous lâche pas. » Je commence à partager son avis.

François-Joseph Zimberlin, le père de Marie-Louise, est né à Bisel en 1851[1]. Maréchal des logis avec le grade de brigadier en 1885[2], il rencontre Marie Georges (1845-1896)[3] à Saint-Just-en-Chevalet et l’épouse le 13 novembre 1886. Et c’est dans ce petit village de la Loire que Marie-Louise naît. Mais, sept ans plus tard, elle perd sa mère. Son père se remarie en mars 1898 à Saint-Etienne avec Dorothée Muhlhoff. En 1872, les Muhlhoff ont quitté la Moselle en optant pour la nationalité française. Dorothée, dont le père est raffineur d’acier à Saint-Etienne, a deux sœurs : Sophie (1864- ?)[4], Frédérique (1865- ?)[5] et un frère Georges Auguste (1868-1893).

Installée à Saint-Etienne en 1898, la famille Zimberlin-Muhlhoff s’agrandit avec la naissance de Sophie (1899-1980) et de Jean.  Les deux sœurs, la Zim et Sophie, fréquentent le lycée de jeunes filles Honoré d’Urfé et c’est là qu’elles se lient d’amitié avec les filles Rivière, Dora et Alice. Après ses études, Marie-Louise partira en Ecosse comme assistante de langues avant d’être nommée à l’Ecole pratique de Cluny.

Jean -son frère- se marie avec Elizabeth -surnommée Babeth- et vit à Paris pendant la guerre. Ce couple n’aura pas de descendance. Quant à Sophie Zimberlin, celle que la Zim surnomme affectueusement « Mimi », elle reprend le magasin de sa tante Frédérique Dandine place de l’horloge à Avignon, « les soieries Dandine ».


Figure 1 : Sophie Zimberlin (coll privée, SP)

Sophie restera, comme sa sœur aînée, célibataire et elle décède le 22 février 1980 dans sa villa, « Alsace-Lorraine », chemin de Lopi à Avignon.


Figure 2 : Villa Alsace-Lorraine, chemin de Lopi (coll privée, SP)

Depuis quelques semaines, les recherches sur les filles Zimberlin progressent à grands pas et ce, grâce à Simone Perez et Madeleine Chavez qui ont bien connu Sophie Zimberlin à Avignon et nous remercions d’ailleurs vivement S. Perez d’avoir pris contact avec nous via le blog Matricule et de nous avoir confié de précieux renseignements et documents. Grâce à elle, nous avons enfin des photographies de Sophie, de sa mère -Me. Zimberlin- et de la maison située chemin de Lopi à Avignon où elles vivaient avec Frédérique Dandine, propriétaire du magasin « les soieries Dandine ».


Figure 3 : Repas chez les Zimberlin à Avignon (coll privée, SP)

Rechercher des informations sur Sophie Zimberlin va donner un nouveau souffle à l’écriture de l’histoire de la Zim.

Sans en dévoiler maintenant la suite, nous lançons un appel  afin que tout témoin se mette en rapport avec nous, qu’il s’agisse d’amis de Sophie (famille Rossel à Grenoble)[6], de Jean Zimberlin domicilié à Paris au n°5 de la rue Georges Delavenne[7] en 1945 ou de membres des familles : George (Saint-Just-en Chevalet), Muhlhoff, Dandine, Blanc, Burtschy, Moser[8], Heiser, Nadig, Dussaut, Philippe Robert (Avignon), Dhombres (Avignon), Laffron (Le Creusot), Moretti (professeur à Cluny), Verchère (professeur à Cluny), Maurice (professeur à Cluny), Myard (Cluny). A Cluny, nous cherchons également des informations sur la pension tenue par Me. Sainte-Marie qui accueillait des jeunes gens.

Nous lançons également un appel au notaire d’Avignon qui a géré la succession de Sophie Zimberlin, décédée en février 1980 et à l’Armée du salut, organisme qui a -selon nos renseignements- hérité des biens de Sophie et notamment des archives familiales. Si ces documents n’ont pas été déposés aux archives municipales ou départementales, que sont-ils devenus ?

Nous cherchons également des renseignements sur les personnes qui connaissaient la résistante Iseau (Marie-Louise Zimberlin) et dont les noms de code, pendant la guerre, à Cluny, à Mâcon ou à Avignon, ont pu être :

Misette – Melle Camus – L’employé de Feyeux – Gilles de l’Allier – Me Seg – Me Becq – Me Bayonne – Le père Bauj -Le père Bay – Le père Charge – L’oncle Ernest – Le fils Bivau (ou Bivam) – Fernande Soulier-La petite de Montfavet – Maas  – Montferret – Hisaud – Suresne – Francis  – La Zon-  Gustave- Germaine – Pépé et mémé – Moise – le Grenoblois – M Clovis et « la fleuriste de Lyon », déportée avec la Zim à Ravensbrück.

Sophie et sa mère ayant accueilli (et donc peut-être sauvé) des enfants juifs dans leur maison chemin de Lopi, nous cherchons également des informations les concernant.


Figure 4 : Sophie Zimberlin (coll privée, SP)

En 1944, une petite « Mireille », venue de Lyon, se reconnaîtra-t-elle et fait-elle partie des enfants hébergés et sauvés ? En juillet 44, Sophie donne de ses nouvelles à Marie-Louise, alors détenue à Ravensbrück  : « Notre petite lyonnaise prend des joues. »

Chantal Clergue


[1] Agathe Burtschy, mariée à François Joseph Zimberlin, donne  naissance à François Joseph le 5 janvier 1851 à Bisel (Haut-Rhin).
[2] En 1893, il obtient le grade d’adjudant. Il est décoré de la médaille militaire.
[3] Marie Georges est née le 28 mars 1845 à Saint-Just-en-Chevalet. Elle exerce le métier de couturière à Saint-Just.
[4] Sophie, employée de commerce, se marie avec Henry Louis Blanc à Saint-Etienne en mars 1892. Le couple s’installera dans cette ville.
[5] Frédérique se marie avec Joseph Blanquet-Dandine le 30 novembre 1888 à Saint-Etienne. Son mari, gendarme, décède en 1914. Jusqu’en 1944, elle vit auprès de sa nièce Sophie Zimberlin et de sa soeur Dorothée à Avignon.
[6] Elizabeth Rossel, surnommée par les filles Zimberlin « le Roquet » était professeur de sciences à Grenoble.
[7] Actuelle rue Joseph Granier, 75 007.
[8] Peut-être s’agit-il d’un prénom.

Une réflexion au sujet de « Sophie Zimberlin, chemin de Lopi à Avignon -villa Alsace-Lorraine – C. Clergue »

  1. La recherche généalogique est un travail de longue haleine. Il y a des temps morts certes, mais le temps travaille pour le chercheur…Bon courage pour cette belle recherche, il y aura encore de belles surprises ! J’aime la croisée de ces destins dans le tumulte de cette période car malgré les drames de la guerre, chaque vie se construit pour l’avenir et dans l’espérance !J’ai hâte de lire la suite…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *