[Portrait] La résistante Gisèle PROBST – Cloé Fougerard

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Gisèle Probst – Photo de Marie Rameau

Sur cette photo de Marie Rameau [1], Gisèle porte sa robe rayée de déportation. On aperçoit son visage fermé, triste. On peut le comprendre : interposer cette robe entre elle et l’appareil doit être très dur.

Gisèle Goujard (de son nom de jeune fille) rencontre son mari, Jean Probst en 1938, juste avant que celui-ci ne parte à l’armée. A la déclaration, il sera affecté au 36ème Régiment de Rappelés. Là, il doit essuyer les bombardements de Vitry le François  et toute l’horreur qui s’ensuit. L’exode l’entraîne à Castres dans le Tarn, avec tout son régiment. Il y reste jusqu’en 1941.

Pendant ce temps-là, Gisèle, ses parents et la mère de Jean (Rose Probst) se réfugient à Clermont-Ferrand. La cause de leur départ : les bombardements qui ont tout détruit sur leur passage. Maurice Goujard (1893-1945), le père de Gisèle, a un peu d’argent de côté. Cela lui permet d’acheter une épicerie qui va assurer à la famille un logement et leur permettre de survivre.

Le 15 novembre 1941, Gisèle et Jean se marient et le 8 octobre 1942, Gisèle donne naissance à leur fille, Michèle.

Toute la famille entre en résistance : le père de Gisèle rencontre à cette époque un gendarme chargé de la surveillance des détenus emprisonnés pour s’être opposés au régime de Vichy. Il commence aussi à entrer en contact avec des « personnalités » de la résistance, devient agent de liaison du réseau Mithridate[2], participe aux transports d’armes et abrite des patriotes recherchés.

L’épicerie sert de boîte aux lettres, de lieu de passage et d’échange de renseignements en tout genre.

Le 17 octobre 1943, sur dénonciation, une quarantaine de personnes sont arrêtées dont Gisèle, son père et Rose. Maurice Goujard, déporté le 17/01/1944 à Flossenbürg,  décède en déportation dans une brigade de travail forcé [3].

Gisèle et Rose seront emprisonnées à Compiègne avant d’être envoyées à Ravensbrück ; Rose -déjà âgée- ne survivra pas aux horribles conditions de vie.

Quant à Gisèle, elle sera emmenée au commando de Leipzig, puis à Schlieben, pour y fabriquer des munitions de guerre. Là, pour continuer à résister, elle sabote son travail, aussi souvent qu’elle le pourra.

Elle sera libérée par les Russes et aura la chance de retrouver sa fille et son mari.


Cloé FOUGERARD

[1] Portrait réalisé par Marie Rameau et présenté lors de l’exposition que nous avons vue à Cluny au mois d’octobre 2016.
[2] Fondé en 1940, ce réseau devient l’un des plus important et compte environ 1 600 agents en France, en Belgique et au Nord de l’Italie.
[3] http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/complementter.php?id=1450369

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