[Documentaire] Mein Kampf, manifeste de la haine • Manfred Oldenburg

À voir sur Arte ce soir à 22h25 ou en replay : Mein Kampf, manifeste de la haine de Manfred Oldenburg

« Le 1er janvier 2016, près de soixante et onze ans après la mort d’Adolf Hitler, Mein Kampf tombera dans le domaine public. Rédigé en prison à la suite du putsch manqué de 1923, le « texte fondateur » du nazisme, à la fois autobiographie, manifeste et programme politique, expose sur plus de 700 pages l’esprit de revanche, la haine obsessionnelle des juifs et la volonté d’expansion de son auteur.

Depuis 1946, le ministère des Finances de Bavière, qui en détenait les droits d’auteur, avait empêché la publication du pamphlet. Dans une Europe où s’exacerbent les crispations identitaires et la xénophobie, le dilemme est réel : Mein Kampf demeure-t-il dangereux ? Faut-il interdire sa publication au motif d’incitation à la haine raciale, comme le voudraient certains représentants de la communauté juive, ou en diffuser une édition commentée, qui en déconstruirait l’idéologie mortifère ? À l’heure d’Internet, le texte est facilement accessible, et une interdiction pourrait avoir l’effet inverse de celui escompté. Depuis 2012, une équipe d’historiens allemands planche sur cette réédition hautement sensible. Ce documentaire explore l’histoire de la diffusion de l’ouvrage, en Allemagne comme en France, et se penche sur son contenu encore mal connu, pour dissiper certains des mythes et des tabous qui l’entourent. »

4 réflexions sur « [Documentaire] Mein Kampf, manifeste de la haine • Manfred Oldenburg »

  1. Seit gestern ist das Buch also auf dem Markt, und die Nachfrage ist größer als erwartet. Auch bei mir hat ein historisch interessierter Kunde das Buch vorbestellt. Es blebt umstritten. Dies las ich heute in der Zeitung:

    Auflage von „Mein Kampf“ wird erhöht (WAZ, 09.01.2016)

    München. Seit Freitag ist Adolf Hitlers Hetzschrift „Mein Kampf“ als kritisch kommentierte Ausgabe auf dem Buchmarkt erhältlich. Das Buch stößt international auf großes Interesse. Die Herausgeber sprechen von 15 000 Vorbestellungen. Die ursprüngliche Auflage von 4000 Stück wird erhöht. Zudem gibt es Anfragen, das Werk zu übersetzen.

    Bundesbildungsministerin Johanna Wanka (CDU) nannte die Edition einen wichtigen Beitrag für die politische Bildung, auch im Schulunterricht. Die Neuauflage zeige, wie aus den gefährlichen Worten Hitlers schreckliche Taten wurden.

    Auch Josef Schuster, Präsident des Zentralrats der Juden in Deutschland, begrüßte die Veröffentlichung der Ausgabe. „Ich kann mir gut vorstellen, dass diese kritisch kommentierte Auflage einer Aufklärung dient, und dass sie einen gewissen Mythos, der um dieses Buch herrscht, aufzuklären vermag“, sagte Schuster.

    Die kommentierte Ausgabe ist zugleich sehr umstritten. Kritiker befürchten, dass Nazi-Gedankengut verbreitet wird. Der Präsident des Jüdischen Weltkongresses Ronald S. Lauder nannte das Werk „überflüssig“. „Von diesem abscheulichen und giftigen Buch sind schon genug Exemplare gedruckt worden“, sagte er. „Es wäre also das beste gewesen, ,Mein Kampf’ im Giftschrank der Geschichte zu lassen.“

  2. Ce jour, un article du Monde sur le sujet : http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/01/08/70-ans-apres-la-mort-d-hitler-la-reedition-contestee-de-mein-kampf-en-allemagne_4844111_3214.html

    « Soixante-dix ans après la mort d’Adolf Hitler, l’Institut d’histoire contemporaine (IFZ) de Munich publie ce 8 janvier une édition critique de Mein Kampf, le livre écrit en 1924 et 1925 par le fondateur du nazisme, huit ans avant son arrivée au pouvoir en janvier 1933. Comptant deux volumes, 1 948 pages, et riche de 3 500 notes explicitant le texte original, le Hitler, Mein Kampf, une édition critique, n’est pas un ouvrage destiné au grand public. Il est le résultat d’un travail entrepris par l’historien Christian Hartmann et trois de ses confrères depuis 2009. Alors que les droits sur le livre du dictateur étaient détenus depuis 1945 par l’État-région de Bavière, ceux-ci sont tombés dans le domaine public le 31 décembre 2015.

    Pour Andreas Wirsching, directeur de l’IFZ, une édition critique était « indispensable » pour « détruire le mythe ». Une bonne partie des 3 500 notes ne se contentent pas d’expliquer le contenu de tel ou tel passage, souvent confus, de Mein Kampf, ni de remettre celui-ci dans le contexte historique, mais elles expliquent ce qu’il en est advenu une fois Hitler au pouvoir…. »

  3. Documentaire précis, intéressant, avec des documents d’archives de très bonne qualité. Merci Arte (de sauver l’honneur de la télévision ?) ! Une idée m’a frappé en regardant ce documentaire : tous ces gros bras, grandes gueules, prêchant le courage et la force… ne sont finalement que de faibles petits lâches, reportant systématiquement la faute sur les autres pour ne pas assumer leurs peurs et leurs responsabilités. Apprenons le vrai courage, celui de refuser les réponses simplistes face à une réalité complexe.

    1. Rééditer ou ne pas rééditer Mein Kampf ? Faux débat ? En effet, quiconque veut le lire le trouve facilement sur internet, la Cour d’appel de Paris ayant décidé, dans un arrêt du 11 juillet 1979, d’autoriser la vente du livre, « compte tenu de son intérêt historique et documentaire », tout en obligeant l’éditeur à insérer un avertissement au lecteur de 8 pages.

      Voilà ce qu’en pense Johann Chapoutot, historien spécialiste du nazisme, dont nous partageons l’avis :
      « Cela dit, une bonne édition critique du livre pourrait précisément montrer cela : que ce texte n’a pas eu l’importance qu’on lui prête, ni son auteur la centralité absolue que l’on croit. (…) Interdire n’appartient généralement pas au vocabulaire de l’historien. Tout travail sur une source est légitime : les sources produites par les nazis n’échappent pas à ce principe. Un travail de mise en perspective (critique externe) et d’élucidation (critique interne) doit aiguiser l’intelligence et permettre la connaissance, voire la compréhension, des phénomènes historiques. Cela dit, on n’est pas obligé non plus de saturer l’espace public de ces objets. Un historien est avant tout là pour écrire des livres d’histoire. C’est armé de cette intelligence partagée que l’on peut ensuite travailler sur des sources. »

      http://www.liberation.fr/debats/2015/10/26/johann-chapoutot-cette-focalisation-sur-ce-texte-a-l-inconvenient-d-encourager-une-lecture-hitlero-c_1409031

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