[Poésie] Max Jacob – Amour du prochain.

Qui a vu le crapaud traverser la rue ?
C’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule.
Il se traîne sur les genoux : il a honte on dirait,
– Non. Il est rhumatisant, une jambe reste en arrière, il la ramène.
Où va-t-il ainsi ? Il sort de l’égout, pauvre clown.
Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue ;
Jadis, personne ne me remarquait dans la rue.
Maintenant, les enfants se moquent de mon étoile jaune.
Heureux crapaud!… Tu n’as pas d’étoile jaune. Continuer la lecture de [Poésie] Max Jacob – Amour du prochain. 

Des nouvelles des bacheliers du projet Matricule

Mardi 5 juillet, les résultats du baccalauréat tombent et nous sommes heureux de partager la réussite des élèves du projet Matricule avec nos lecteurs. C’est aussi l’occasion, pour nous, de les féliciter encore pour ce beau parcours scolaire et pour leur investissement dans le projet. Bonne continuation à toutes et tous !

Mathieu Auduc : Bac ES, mention B
Léa Aujal : Bac ES, mention B
Charlélie Baumont : Bac ES, mention AB
Clément Bézier : Bac S, mention TB
Marielle Brendlen : Bac S, mention AB
Lucie Delpeuch : Bac S, mention TB avec félicitations du jury
Ambre Dewaele : Bac ES, mention TB
Louis Grillet : Bac S, mention TB
Violette Heraudet : Bac S, mention B
Camille Lachal : Bac ES, mention TB avec félicitations du jury
Pauline Lavene : Bac S, mention AB
Mélanie Mulot : Bac STI, mention B
Clara Myard : Bac ES, mention TB
Arthur Petit : Bac S, mention AB
Jules Reniaud: Bac S, mention TB avec félicitations du jury
Floriane Varachaud : Bac ES, mention B

Hommage. Mort d’Elie Wiesel, la “conscience du monde”, Courrier International, 3 juillet 2016

La presse internationale rend un hommage unanime à celui qui a donné un “visage à la Shoah” et “une conscience au monde”. Prix Nobel de la paix, Elie Wiesel s’est éteint à l’âge de 87 ans à son domicile new-yorkais.

 Agé de 16 ans, Elie Wiesel fait partie des rares rescapés des camps de la mort nazis où il a vu toute sa famille – sa mère, sa jeune soeur et son père – mourir sous ses yeux. Depuis, il porte sur son avant-bras une marque indélébile de cette infamie, le numéro A-7713, rappelle The New York Times. “Il doit avoir une raison pour que je survivce à ça”, a-t-il dit dans une interview en 1981. Depuis, Elie Wiesel n’a cessé de lutter contre l’oubli, cette “maladie collective” comme il disait, l’indifférence, l’intolérance et l’injustice.

Agé de 87 ans, Elie Wiesel s’est éteint le samedi 2 juillet dans son appartement de Manhattan poursuit The New York Times qui, comme tous les grands journaux de la planète rend un vibrant hommage à celui dont l’oeuvre et l’action ont été récompensés par le prix Nobel de la paix en 1986. “Il se définit non tant par le travail accompli que par le vide qu’il a rempli”, écrit le le quotidien américain en rappelant que, après la guerre, Elie Wiesel est devenu l’une des rares voix qui ont porté la mémoire du génocide des juifs d’Europe et lutté contre l’indifférence et l’oubli.

“Boussole morale”

“Elie Wiesel a donné un visage à l’Holocauste et une conscience au monde”, titre The Jewish Telegraphical Agency, le plus vieux média de la communauté juive américaine. “Bien qu’il se considérait avant tout comme un écrivain, à partir de la fin des années 1970 il était devenu une sorte de boussile morale, de référence pour nos dirigeants et une voix qui a toujours dénoncé la complaisance facile avec l’Histoire”,poursuit la JTA qui rappelle son influence auprès de plusieurs présidents américains successifs.

Auteur d’une cinquantaine de livres, infatigable conférencier, universitaire et militant pour les droits de l’homme, Elie Wiesel partageait sa vie entre la France, les Etats-Unis et Israël. En 2006, puis en 2014, il a décliné l’offre de devenir le président de l’Etat hébreu, préférant se consacrer à ses activités de “messager de l’humanité”,comme l’avait qualifié le comité d’attribution du prix Nobel. Il avait créée sa propre fondation et, avec son épouse, l’Académie universelle des cultures. “Elie n’était pas seulement le plus célèbre survivant de la Shoah, il était un mémorial vivant”, a déclaré le président américain Barack Obama. “Sa vie et la force de son exemple nous poussent à être meilleurs”.

Président d’Israël ? Non, merci

Le quotidien israélien Haaretz a, lui, choisi de revenir en images sur la vie de cet homme dont le destin épouse les tragédies du siècle dernier. De sa naissance, dans la petite bourgade roumaine de Sighet, jusqu’à la reconnaissance mondiale en passant par le hachoir de la Shoah, sa libération, ses études à Paris, ses premiers livres… Et si, se demande Haaretz, Elie Wiesel avait accepté l’offre de devenir président d’Israël ? Le journal raconte aussi un fait peu connu, à savoir l’insistance du Premier ministre actuel de l’Etat hébreu, Benjamin Netanyahu, pour convaincre le prix Nobel de la paix de se présenter à la fonction suprême en 2014. Ce dernier a de nouveau décliné l’offre, poliment mais fermement. Et ce, au grand soulagement du journal.

 

Elie Wiesel, la mort d’une mémoire, Libération, 3 juillet 2016

Rescapé des camps nazis et Prix Nobel de la paix, l’écrivain juif américain s’est éteint samedi à 87 ans, après une vie à perpétuer la mémoire de l’Holocauste.

Il incarnait mieux que quiconque le devoir de mémoire, cette obligation de témoigner, raconter et se souvenir pour ne jamais oublier. Après avoir consacré la quasi-totalité de sa vie d’adulte à perpétuer la mémoire de la Shoah, à laquelle il avait survécu adolescent, Elie Wiesel s’est éteint samedi à l’âge de 87 ans à son domicile new-yorkais. Sa mort a été annoncée par le mémorial de l’Holocauste Yad Vashem, à Jérusalem.

Né en 1928 à Sighet, petite ville des montagnes carpates de Roumanie, Elie Wiesel est déporté à quinze ans à Auschwitz-Birkenau, où sa mère et sa plus jeune sœur périssent dans les chambres à gaz. Transféré à Buchenwald avec son père, il assiste en janvier 1945 à la mort de ce dernier, achevé par un gardien SS. A la libération du camp, quelques mois plus tard, Elie Wiesel, orphelin et apatride, est recueilli en France par l’OSE (Œuvre juive de secours aux enfants). Il étudie la philosophie à la Sorbonne, devient journaliste et écrivain. Il lui faudra toutefois dix ans pour écrire sur la guerre. Et sa rencontre avec celui qu’il appelait «le grand François Mauriac» y est pour beaucoup. L’écrivain français l’encourage à écrire. Il se battra aussi pendant des mois avec des éditeurs français et américains pour que le premier manuscrit d’Elie Wiesel, rédigé en yiddish, puisse être publié.

DANS NOS ARCHIVES : Elie Wiesel : un sacré cœur

Préfacé par Mauriac, ce premier roman, la Nuit, est publié en 1958. Récit brutal et largement autobiographique d’un adolescent déporté. Elie Wiesel y raconte sa première nuit à Auschwitz et «la vision cauchemardesque» de ces nourrissons jetés vivants dans un fossé en flammes. Il se remémore la mort de son père, «l’une des nuits les plus accablantes de ma vie». Mourant sur sa paillasse, son père le supplie de venir à ses côtés. «C’était son dernier vœu – m’avoir auprès de lui au moment de l’agonie, lorsque l’âme allait s’arracher à son corps meurtri – mais je ne l’ai pas exaucé. J’avais peur. Peur des coups.» Tétanisé, il voit les coups de gourdin mortels d’un SS s’abattre sur son père. «J’ai laissé mon vieux père seul agoniser. Sa voix me parvenait de si loin, de si près. Mais je n’ai pas bougé. Je ne me le pardonnerai jamais. Jamais je ne pardonnerai au monde de m’y avoir acculé, d’avoir fait de moi un autre homme, d’avoir réveillé en moi le diable, l’esprit le plus bas, l’instinct le plus sauvage», écrit-il dans la version originale de la Nuit, intitulée en yiddish Et le monde se taisait.

Culpabilité

Au fil d’une carrière longue de plus d’un demi-siècle, Elie Wiesel a écrit (souvent en français) plus d’une soixantaine de livres, dont une quinzaine de romans, plusieurs pièces de théâtre et de nombreux essais. Toujours, les mêmes fils rouges : l’Holocauste, la mort et Dieu. Comme beaucoup de survivants de la Shoah, Elie Wiesel ne s’est jamais départi d’un sentiment de culpabilité. «Certains lecteurs me disent que si j’ai survécu, c’est pour écrire ce texte, disait-il en référence à son premier roman. Je n’en suis pas convaincu. J’ignore comment j’ai survécu. Trop faible et trop timide, je n’ai rien fait pour. Cependant, ayant survécu, il m’incombe de conférer un sens à ma survie.» Ce sens, Elie Wiesel l’avait trouvé dans l’écriture mais aussi dans l’enseignement, notamment à l’université de Boston. Il disait témoigner avant tout «pour les jeunes d’aujourd’hui, pour les enfants qui naîtront demain», afin que «son passé ne devienne pas leur avenir».

Revenu de l’enfer des camps de la mort, l’écrivain devenu citoyen américain dans les années 60 a toujours considéré que son histoire était impossible à décrire, encore moins à comprendre, et pourtant nécessaire à raconter. Il écrivit : «Seuls ceux qui ont connu Auschwitz savent ce que c’était. Les autres ne sauront jamais.» Mais aussi : «L’oubli signifierait danger et insulte. Oublier les morts serait les tuer une deuxième fois.»

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Nobel de la paix

Dans la préface de la réédition la plus récente de la Nuit, il décrit la rédaction laborieuse de ce premier roman : «Les mots existants, sortis du dictionnaire, me paraissaient maigres, pauvres, pâles. Lesquels employer pour raconter le dernier voyage dans des wagons plombés vers l’inconnu ? Et la découverte d’un univers dément et froid où c’était humain d’être inhumain, où des hommes en uniforme disciplinés et cultivés venaient pour tuer, alors que les enfants ahuris et les vieillards épuisés y arrivaient pour mourir ?»

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Sans relâche, Elie Wiesel a tenté de trouver les mots. Sans relâche, il s’est élevé contre l’injustice, l’indifférence et l’oppression, de la Bosnie-Herzégovine au Rwanda, du Darfour à l’Afrique du Sud. En 1986, il reçut le prix Nobel de la paix. Le comité Nobel l’honora avec ces mots : «Sorti de l’abysse des camps de la mort, il est devenu un messager pour l’humanité. Porteur non pas d’un message de haine ou de revanche, mais de fraternité et d’expiation.»

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«Puissant faisceau de lumière»

Depuis l’annonce de la mort d’Elie Wiesel, les réactions se multiplient. «Elie, maître des mots, a exprimé par sa personnalité unique et ses livres fascinants la victoire de l’humanité sur la cruauté et le mal», a réagi le Premier ministre israélien. «Une fois hors de l’obscurité de l’Holocauste, Elie est devenu un puissant faisceau de lumière, de vérité et de dignité», a ajouté Benyamin Nétanyahou, à qui Elie Wiesel a toujours apporté son soutien. Suscitant certaines critiques, il défendait ainsi la colonisation de Jérusalem-Est. L’an dernier, il avait également assisté au discours de Nétanyahou devant le Congrès américain, au cours duquel le chef du gouvernement israélien avait vivement critiqué l’accord avec l’Iran et la politique de l’administration Obama.

Dans un communiqué, le président américain a rendu hommage à «une des grandes voix morales de notre temps et, à bien des égards, la conscience du monde». «Sa vie, et la force de son exemple, nous poussent à être meilleurs», a poursuivi Barack Obama. De son côté, François Hollande a salué «la mémoire d’un grand humaniste, inlassable défenseur de la paix».

Frédéric Autran.

Réception du deuxième prix départemental de l’éducation citoyenne à la préfecture

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DISCOURS Prix de L’Education citoyenne, 22 juin 2016, Préfecture de Macon

Monsieur le Préfet,
Monsieur l’inspecteur d’académie,

Monsieur le président de la section départementale de l’association des membres de l’Ordre national du mérite, Continuer la lecture de Réception du deuxième prix départemental de l’éducation citoyenne à la préfecture 

Auschwitz vu par Léa Aujal

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Hormis quelques articles de presse que nous mettrons en ligne dans le courant du mois de juin, le blog du Projet Matricule 35 494 va hiberner quelque temps.

Au total, ce sont 274 articles publiés depuis octobre 2015, 120 abonnés, 481 commentaires et jusqu’à 120 visiteurs par jour. Nous vous remercions tous, vous nos lecteurs de France, d’Allemagne, des États-Unis, de Pologne, d’Israël, du Portugal, de Taiwan…. de nous avoir suivis et encouragés.

À l’heure d’aujourd’hui, nous sommes fiers de vous annoncer que le projet Matricule 35 494 a déjà été récompensé par deux prix :

  • Le premier prix académique du concours Viva-cité
  • Le deuxième prix départemental de l’éducation citoyenne

Et nous attendons d’autres résultats pour l’automne 2016.

Nous vous donnons rendez-vous à l’an prochain pour la suite du projet qui devrait se concrétiser via un partenariat avec le site du Chambon sur Lignon dans le cadre du dispositif des Ambassadeurs de la Mémoire et un échange avec le lycée polonais Żmichowska à Varsovie.

Merci d’avoir participé à cette belle aventure !

Se rapprocher des déportés mais sans jamais pouvoir se mettre à leur place – Clément Bezier

Un projet de devoir de mémoire mais également de préparation à l’horreur des camps.

Tout d’abord avant le voyage , lors de nombreuses rencontres à l’occasion de conférences, on pouvait souvent entendre dire que la visite des camps serait quelque chose de très difficile et compliqué, et qu’il fallait donc s’y préparer. Je me rappelle encore entendre dire qu’on en reviendrait changé !

J’appréhendais donc les émotions que pourrait provoquer en moi la visite d’un tel lieu d’horreur. Une appréhension qui fut à son apogée lorsque l’on a commencé à se rapprocher en bus du camp.

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L’inhumanité dans l’Histoire – Amanda Condemine

Quand les soviétiques arrivèrent le 27 janvier 1945 pour libérer le camp de Auschwitz, les Nazis avaient emmené la plus grande partie des prisonniers dans « les marches de la mort », et les soldats libérateurs ne découvrirent que 7 000 prisonniers amaigris dans le camp.

Amanda3La grille d’entrée avec l’inscription Arbeit macht frei du camp de concentration d’Auschwitz I – Photo de Amanda Condemine Continuer la lecture de L’inhumanité dans l’Histoire – Amanda Condemine 

Voyage d’étude en Pologne – Antoine Schott

La célèbre entrée du camp de concentration avec cette phrase « Arbeit Macht Frei », « le travail rend libre »

Le lundi, nous étions à Auschwitz, le matin, nous nous sommes rendus dans le camp de concentration, et nous sommes passés par cette célèbre entrée . Ce fut une visite très dure, car nous avons vu des éléments très touchants comme les cheveux des victimes, on a pu également voir une multitude d’objets que les déportés devaient laisser à leur arrivée. Continuer la lecture de Voyage d’étude en Pologne – Antoine Schott 

Voyage en Pologne – Romane Plattier

image06Les élèves du Lycée La Prat’s à l’entrée du camp d’Auschwitz

La visite des camps d’Auschwitz et Birkenau nous a permis à tous, je crois, d’avoir une idée beaucoup plus précise de l’objet sur lequel on travaille depuis le début du projet : la déportation et les camps de concentration. La visite m’a personnellement appris beaucoup de choses, en particulier l’organisation dans les camps, les bâtiments, leurs fonctions et m’a permis de mieux me représenter la signification de la solution finale pour les nazis : une immense machine organisée pour tuer. C’est principalement de voir l’étendue des lieux qui est très instructif mais aussi effrayant. Les bâtiments d’Auschwitz sont lugubres, avec leur alignement parfait ; les expositions à l’intérieur nous font bien nous rendre compte des conditions inhumaines vécues par les déportés dans ces camps. J’ai pris de nombreuses photographies, ce qui m’a permis de prendre du recul pour observer avec une certaine distance et réfléchir à tout ce que j’ai appris et découvert. Continuer la lecture de Voyage en Pologne – Romane Plattier